Service industriel

Métro, boulot, gros travaux!

Le champ d’action d’un arpenteur-géomètre est vaste, vraiment vaste. Il peut même s’étendre jusqu’aux profondeurs de la terre. Francis Scully raconte son intervention dans le prolongement du métro vers Laval...

« C’est un projet d’envergure dont les travaux se prolongent sur 5,2 km selon un type de construction par lots et des techniques d’ingénierie requérant plusieurs groupes d’entrepreneurs, explique Francis Scully. Donc, à un endroit, on pouvait faire du bétonnage et à un autre, l’excavation du tunnel. Au moment de rejoindre deux sections de tunnel, il faut arriver à la bonne place physiquement. L’expertise de l’arpenteur-géomètre devient nécessaire dans cette planification. »

Entre le foncier et le scientifique

Concrètement, l’arpenteur-géomètre doit établir un cadre commun de références géodésiques. Un défi de faire valoir cette expertise auprès des ingénieurs qui comprennent parfois mal les conséquences associées à une mauvaise référence. Sur papier, tout paraît droit, encore plus sur les plans numériques. Mais il en va autrement dans la réalité. En effet, le réseau de repères géodésiques déjà existant au Québec se base sur une concordance précise à quelques centimètres près. Or, un prolongement de métro dicte une extrême précision de l’ordre de quelques millimètres.

« On a construit un système de repères géodésiques sur l’ensemble du site, indique M. Scully. Les entrepreneurs s’y sont appuyés comme cadre de référence pour leurs travaux afin de déterminer les points de rattachement. Deux ans avant le début du chantier, on faisait déjà des relevés pour asseoir la géodésie et s’assurer que tous ont le même point de départ et d’arrivée. »

Dans ce genre de projet interdisciplinaire, l’arpenteur-géomètre met à profit sa dualité, soit les aspects scientifique et foncier de sa pratique. Car l’une des premières questions consiste à établir les droits de propriété pour savoir où construire. Contrairement à la grande majorité des tunnels de métro qui passent sous des emprises publiques — des rues —, le métro de Laval dessinait une grande courbe sous quelque 250 propriétés privées. D’où la nécessité d’établir des servitudes pour documenter la profondeur exacte, les dimensions du tunnel et les restrictions qui y sont liées.

L’arpenteur-géomètre doit également relever la position précise de chaque infrastructure urbaine, en surface ou souterraine, qui se trouve dans le secteur du chantier. Du reste, il fallait prévoir des servitudes temporaires de construction pour les vibrations et les dommages éventuels causés par le dynamitage et les travaux. En somme, même si l’intervention de l’arpenteur-géomètre se réalise plus en coulisse, elle demeure à l’avant-plan pour la réussite du projet.